CES FEMMES QUI ONT ÉCRIT L’HISTOIRE DE L’HORLOGERIE

Ouvrières, designer ou CEO, elles ont toutes, à leur manière, marquée l’histoire de l’horlogerie pour le meilleur ou pour le pire !

De Blancpain à Audemars Piguet ou de New-York à Genève, elles viennent de différents horizons, mais se sont retrouvées à un moment de leur carrière au cœur de l’industrie horlogère !

Retour sur le destin de ces femmes qui ont dédié leur vie à l’horlogerie !

Grace Fryer

Grace Fryer a co-écrit avec les Radium Girls l’un des chapitres les plus terrifiants de l’industrie horlogère.

En 1917, à l’âge de 18 ans, elle est embauchée par la United States Radium Corporation, une société américaine qui fournit des cadrans luminescents aux manufactures horlogères. Employée comme ouvrière, elle peint toute la journée les fameux cadrans avec une peinture phosphorescente, préparation qu’elle réalise elle-même grâce à des cristaux de radium, de la colle et de l’eau. Parce que ce travail exige une précision extrême, Grace Fryer prend soin, comme toutes les ouvrières, de bien effiler la pointe de son pinceau entre ses lèvres. Un geste fatal, car sans le savoir elles ingèrent du radium quotidiennement.

Rapidement, les employées de la United States Radium Corporation montrent des symptômes d’empoisonnement : leurs dents tombent, leurs lèvres et leurs bouches se nécrosent, elles sont victimes de douleurs atroces et de fractures spontanées. Les premiers cancers apparaissent et les décès se multiplient. 

Certaines ouvrières accusent la United States Radium Corporation de les avoir empoisonnées, mais la société se défend en affirmant que ces maux sont les conséquences de la syphilis et non pas d’une surexposition au radium. Les Radium Girls souhaitent amener l’affaire en justice, mais aucun avocat ne souhaite les défendre et ne veut prendre le risque de s’engager dans un procès contre l’un des géants de l’industrie américaine. 

Après 2 ans de refus successifs, la détermination de Grace Fryer est récompensée, un jeune avocat, Raymond Berry, accepte de se saisir de l’affaire. Le procès des Radium Girls ouvre en 1927 et suscite une vague d’émotion et d’indignation aux États-Unis.

Grace Fryer décède en 1933 et les Radium Girls remportent leurs procès en 1939. Si cette affaire ultra-médiatisée permit à l’époque d’alerter sur la toxicité du radium, il fallu attendre 1963 pour que son utilisation soit totalement interdite par l’industrie horlogère.

Depuis la Horological Society of New York, la plus ancienne corporation horlogère des Etats-Unis, à créé la bourse Grace Fryer, une aide financière spéciale pour encourager les femmes qui souhaitent s’inscrire dans une école d’horlogerie.

Jacqueline Dimier

Jacqueline Dimier s’est imposé dès les années 1960 dans une spécialité jusqu’alors exclusivement réservé aux hommes : le design horloger. 

Pourtant au départ, rien ne prédisposait cette jeune suisse à l’horlogerie. Jacqueline Dimier débute sa carrière comme graphiste dans la publicité, lorsqu’un jour une connaissance lui demande de réaliser un dessin de bague. Elle bifurque alors « par hasard » vers la joaillerie et devient designer. Puis quelques années plus tard, par défi, elle veut se lancer dans le design horloger et propose ses services en tant que free lance à Patek Philippe et Vacheron Constantin. 

À la fin des années 1960, Rolex remarque son talent et l’engage pour développer sa ligne Cellini. 7 ans, et quelques dessins au passage pour Tudor, Jacqueline Dimier quitte Rolex pour rejoindre Audemars Piguet. Elle est engagée comme « styliste » avec la mission de développer les collections féminines. L’année suivante, elle est nommée «Responsable du Bureau de création », elle est la première femme à accéder à cette responsabilité. 

Jacqueline Dimier reste célèbre dans l’histoire du design horloger pour avoir adapté en version féminine la montre la plus subversive du 20ème siècle : la Royal Oak. Revisitant totalement les proportions du modèle en 1976, elle dessine la référence 8638, dont le lancement se fait exceptionnellement à Paris chez le joaillier Fred, et non à la foire de Bâle comme le fait habituellement AP.

Le succès de la Royal Oak Lady est si gigantesque qu’Audemars Piguet va confier à Jacqueline Dimier la création de toutes les futures collections féminines de la marque. Jusqu’en 1999, soit pendant 25 ans, Jacqueline Dimier va être à l’origine des designs les plus audacieux. 

Betty Fiechter

C’est vers 1912, alors qu’elle est à peine âgée de 16 ans, que Betty Fiechter entre chez Blancpain. Ne disposant d’aucune formation horlogère, elle se démarque immédiatement grâce à sa fibre commerciale hors norme.

Frédéric-Emile Blancpain, qui dirige la société de 1889 à 1932 et incarne la 7ème génération Blancpain, la nomme rapidement à la tête de la gestion industrielle et commerciale de Blancpain. Lorsque celui-ci décède en 1932, Blancpain, comme toutes les manufactures horlogères, doit faire face aux difficultés économiques engendrées par la crise de 1929. Mais convaincu qu’elle peut continuer à faire vivre cette manufacture, Betty Fiechter s’associe à André Léal, alors directeur commercial, et ensemble ils rachètent la société.

Le 7 juillet 1933, Betty Fiechter devient la première femme de l’histoire Présidente et co-propriétaire d’une manufacture horlogère. 

Le talent de Betty Fiechter fut certainement d’oser conquérir le marché américain ! Se portant beaucoup mieux que le marché européen, le marché américain connaît une croissance très forte au milieu des années 1930. Blancpain recentre alors sa production sur les mouvements à destination des USA et rapidement s’impose comme le grand fournisseur des marques Gruen, Elgin ou encore Hamilton. 

Lorsque André Léal décède en 1939, Betty Fiechter continue de diriger seule Blancpain. En 1950, elle fait entrer son neveu, Jean-Jacques Fiechter dans la société. Avec lui, Blancpain connaît un renouveau et ils développent ensemble de nouveaux axes de création. La ligne de montres féminines Ladybird voit le jour,  ainsi que la mythique Fifty Fathoms, montre de plongée devenue célèbre grâce au Commandant Cousteau. 

À son décès en 1971, Betty Fiechter est parvenue à faire de Blancpain l’une des manufactures suisse les plus productives : 220 000 pièces manufacturées par an ! 

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