Début janvier, Vacheron Constantin annonçait l’ouverture des inscriptions au tout premier Concours d’Élégance Horlogère. Organisé en partenariat avec Phillips, l’événement invite tous les propriétaires de garde-temps produits entre 1755 et 1999 à s’inscrire. Un jury composé de plusieurs personnalités du monde de l’horlogerie évaluera l’authenticité, l’élégance, la rareté, l’impact sur l’histoire de Vacheron Constantin et/ou sur l’horlogerie en général, la provenance, la technicité, l’état de conservation ou encore la dimension émotionnelle des pièces soumises.
Au-delà de l’événement, cette initiative s’inscrit dans une stratégie claire de revalorisation de la marque. Si Vacheron Constantin est aujourd’hui très apprécié des collectionneurs, nombre de ses modèles restent encore sous-cotés par rapport à des pièces à complications équivalentes signées Patek Philippe ou Audemars Piguet. Ce phénomène n’est pas nouveau puisqu’il y a dix ans, la maison Phillips soulignait déjà dans l’un de ses catalogues de vente que certains modèles vintage de la manufacture étaient sous-estimés au regard de leur rareté réelle sur le marché.


Un signal du marché ?
La question d’un possible retournement de tendance se pose à la lumière du résultat enregistré le 26 février dernier par la maison Green Auctioneers, basée à Hong Kong et spécialisée dans les pièces d’horlogerie ultra-pointues. Une pendulette Harmony « Dual Time », réalisée vers 1983, a été adjugée 26 670 €. Dessinée par le designer Daryoush Shafa, qui a imaginé l’intégralité des montres de la collection Harmony et est également à l’origine du modèle Diagonal pour Vacheron Constantin, cette pièce était présentée comme possiblement unique.


Pour Marc Djunbushian, auctioneer et fondateur de Green Auctioneers, ce résultat s’explique davantage par le caractère unique de l’objet que par la signature Vacheron Constantin : « À titre de comparaison, une pendulette pièce unique signée Patek Philippe peut aujourd’hui atteindre les 100 000 € ».
Un signal qui met en lumière une tendance de fond : l’intérêt accordé aux pièces uniques continue de se renforcer sur le marché. Mais, malgré son héritage et sa légitimité horlogère, Vacheron Constantin demeure à ce jour positionné à un niveau de prix relativement « accessible » au regard d’autres signatures majeures de la haute horlogerie.
Une progression soudaine des résultats
La veille, Bonhams vendait à Londres un modèle hyper chic en or blanc avec cadran onyx pour près de 22 050 €. Un résultat record lorsqu’on le compare aux 5 340 € obtenus quelques mois plus tôt par Antiquorum pour un modèle équivalent mais en version or jaune et index diamants.


Expliquer cette hausse soudaine de 340 % n’est pas forcément évident. Peut-on y voir une conséquence directe de l’annonce du Concours d’Élégance ? Il est encore trop tôt pour l’affirmer. Mais ces adjudications successives traduisent peut-être un début de repositionnement du marché. Reste désormais à observer si cette dynamique se confirme lors des prochaines ventes internationales…
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