QUAND LE COURS DE L’OR REDÉFINIT LE MARCHÉ DU VINTAGE & DE LA SECONDE MAIN

Le mois dernier, le cours de l’or a progressé de 20 %, atteignant un prix record le 29 janvier : plus de 151 euros le gramme ! Un record historique dont les répercussions sont très concrètes pour le monde du vintage et de la seconde main : dans les salles de ventes, les prix s’envolent…

Montres de poche au cadran accidenté et au boîtier cabossé, modèles féminins des années 1950 sans signature : certaines pièces voient aujourd’hui leurs prix atteindre des niveaux sans rapport avec leur réelle valeur horlogère. Du côté des manufactures historiques, ce phénomène s’observe également : des montres achetées entre le début des années 1980 et le début des années 2000, lourdement décotées il y a encore six mois, sont devenues le nouveau jackpot du marché. Alors qu’hier elles peinaient à trouver preneur, aujourd’hui leur prix de revente dépasse de 30 à 50 % le prix d’achat d’époque.

Comment expliquer que ces garde-temps, qui ne sont ni des modèles rares ni des références iconiques, et qui étaient depuis des années qualifiés de « mauvais placements », se soient transformés en investissements providentiels ? Tout simplement parce que la valeur du métal a détrôné celle de l’objet.

Aucune manufacture n’est épargnée. Le phénomène touche toutes les marques Swiss Made, y compris certaines références Rolex, notamment au sein de la collection Cellini. Ces montres « de ville », historiquement moins prisées, se négocient aujourd’hui parfois au poids de l’or, signe que le cours de l’or est parfois plus précieux qu’une image de marque puissante. Si les montres en or 18k sont devenues ultra-désirables, les montres en or 14k le sont également de plus en plus. Cet alliage composé à 58,5% d’or pur retrouve ses lettres de noblesse et semble se détacher peu à peu de l’image cheap qui lui était longtemps associée.

Évidemment, la hausse du cours de l’or profite également aux pièces vintage en vogue. Certains modèles typiques des années 1950, 1960 ou 1970 ont vu leur valeur augmenter de plus de 110 % en moins de quatre ans. Et d’autres pièces cultes, comme la très chic Cartier Baignoire, sont en train de devenir des produits d’investissement. Alors qu’il était encore possible, il y a cinq ans, de faire l’acquisition d’un modèle mécanique monté sur bracelet en or ajouré (typique de la production des années 1960) pour un peu plus de 13 000 €, aujourd’hui le même budget permet seulement d’obtenir une Baignoire avec bracelet cuir. Il faut désormais débourser près de 20 000 € pour s’offrir une version vintage sur bracelet or.

Si les années 2020 à 2023 resteront pour le marché de l’horlogerie une période d’euphorie, marquée par l’entrée massive d’investisseurs attirés par la montre comme valeur refuge (facilement transportable, revendable et non-déclarable !), 2026 marque un virage à 180°. Désormais, la compétition entre collectionneurs et investisseurs semble se jouer sur un nouveau terrain : celui du cours de l’or. Aujourd’hui, certaines pièces valent davantage pour leur poids que pour l’histoire qu’elles racontent. Une réalité qui déstabilise collectionneurs, investisseurs… mais aussi professionnels du marché qui ne savent plus toujours si le premier réflexe doit être de vérifier, loupe en main, qu’un cadran n’a pas été repeint, ou de poser la montre sur la balance pour évaluer la quantité de métal précieux.


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